La vie de Buddha (Page 2)

Bouddha leur répondit : "Il est naturel que vous ayez des doutes, puisque vous avez entendu des enseignements contradictoires et de telles situations provoquent certes la confusion. Cependant, je vous dis ceci :
- Ne croyez pas quelque chose parce qu'elle vous a été simplement transmise par une tradition.
- Ne croyez pas quelque chose simplement parce que vous pouvez la trouver dans des écrits. Quelquefois, il peut y avoir dans les livres des choses fausses ou correctes, mais comment le savoir?
- Ne croyez pas aveuglément ce qu'un maître spirituel, votre guru, vous enseigne, parce que, lui aussi, peut faire des erreurs de temps en temps.
- Ne croyez pas non plus parce que vous entendez ici ou là par la rumeur. Et, même ce que j'enseigne, ne le croyez pas.
- Quoi que vous entendiez, testez-le, essayez de l'expérimenter, ceci est la manière d'enseigner du Bouddha."


Au cours d'une autre occasion, Bouddha donna à ses moines et à ses disciples les conseils suivants :

"Agissez comme les joailliers qui examinent l'or en le martelant, en le coupant, en le vérifiant de différentes façons. Voyant si cet or est vrai ou faux en le chauffant. Exactement de la même manière, ne croyez pas, n'acceptez pas mon enseignement simplement parce que vous avez du respect ou de l'amour envers moi. Ce n'est pas une raison suffisante pour croire en mon enseignement. Il faut que vous le mettiez en pratique et que vous le testiez. Si vous avez le sentiment qu'il est pratique, si vous sentez que cela apporte bonheur et santé dans votre coeur et dans votre esprit, alors vous pourrez à ce moment même l'accepter et le suivre. En pratiquant peu à peu, vous comprendrez si c'est vraiment bénéfique ou non. Si cela ne vous attire pas, alors laissez tomber il n'y aura pas d'objection."


Bouddha ne voulait convertir personne, ne faisant qu'exposer ses expériences, ainsi quiconque voulait suivre son enseignement, le faisait librement. De même, il ne cherchait pas à être vénéré. Cependant, les gens qui le suivaient l'aimaient et lui manifestaient beaucoup de respect. Ils le vénéraient et c'est cela qu'on appelle le "culte bouddhiste". Mais il ne s'agit pas à proprement parler d'un culte. Nous, en tant que bouddhistes, nous ne faisons que rendre hommage au grand maître le Bouddha, lui exprimant ainsi notre gratitude pour avoir montrer la voie de la libération.

Bien qu'en fait Bouddha n'ai jamais désiré cela. Selon lui, toute personne est susceptible d'être vénérée et il disait aux gens: "Vous pouvez pratiquer les vertus; vous pouvez vous construire une vie moralement correcte; vous pouvez vous édifier de bonnes mœurs; vous pouvez essayer de purifier votre esprit et votre corps de toutes les passions, de tous les obscurcissements et des tentations. Mais indépendamment, essayez de vous observer vous-mêmes, la nature de votre vie, et d'utiliser vos capacités de raisonnement. Tout en faisant cette recherche, développez votre raisonnement et cherchez à comprendre ce que vous êtes réellement. Si vous le faites très soigneusement, au bout d'un certain temps, vous réaliserez et comprendrez votre véritable nature".

Bouddha exprime ceci encore : "Vous devez faire votre travail vous-même, j'enseigne la voie, j'ai découvert et indiqué le sentier qui conduit à la libération, à l'état de Nirvana, mais c'est à vous de marcher dans le sentier".

La liberté de pensée autorisée et désirée par Bouddha est tout à fait singulière et caractérise bien la doctrine Bouddhiste. Cette liberté est nécessaire, selon Bouddha lui-même, parce que l'émancipation de l'homme dépend de sa propre compréhension de la vérité et non pas de la grâce bénévolement accordée par une puissance extérieure, même bienveillante, en récompense d'une conduite vertueuse et obéissante.

La liberté de pensée, mais aussi la tolérance enseignée par Bouddha surprend les occidentaux qui découvre cet doctrine, ainsi que ceux qui étudient l'histoire des religions, mais il en était déjà ainsi à l'époque lorsque Bouddha enseignait le Dhamma en Inde.

Cette histoire, issue de la tradition, l'illustre clairement : Un jour, à Nälända, un chef de famille important et riche, nommé Upali, disciple laïc bien connu de Jaina Mahavira fut spécialement envoyé par
Mahavira lui-même, pour rencontrer le Bouddha et vaincre celui-ci dans une controverse sur la théorie du "Karma". En effet la manière de voir du Bouddha était différente de celle de Mahavira sur ce sujet. Contrairement à son attente, Upali fut tout à fait convaincu que la manière de voir du Bouddha était juste et que celle de son maître était fausse. Il demanda donc au Bouddha de l'admettre comme disciple laïc. Mais, l'Eveillé le pria de réfléchir et de ne pas être trop pressé et lui dit: " réfléchir soigneusement est bon pour des gens renommés comme vous ". Lorsque Upali exprima à nouveau son désir, le Bouddha accepta et lui demanda de continuer à respecter et à soutenir son vieux maître religieux comme il l'avait fait jusqu'alors.

Ainsi comme le démontre cette histoire, Bouddha tenait absolument que le pas qui mène à la doctrine qui était la sienne, vienne de l'homme lui-même, ceci dans le respect des autres traditions.

Au 3ème siècle avant J-C., le grand empereur bouddhiste de l'Inde, Asoka, suivant ce noble exemple de tolérance et de compréhension, honora et soutient donc toutes les autres religions de son vaste empire.

Dans un de ses édits gravés dans le roc, dont l'inscription originale est encore lisible aujourd'hui, l'empereur déclarait : "On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cette raison-ci ou pour cette raison-là.
En agissant ainsi, on aide à développer sa propre religion et on rend aussi service à celle des autres.
En agissant autrement, on creuse la tombe de se propre religion et on fait aussi du mal aux religions des autres. Quiconque honore sa propre religion et condamne les religions des autres, le fait bien entendu par dévotion à sa propre religion, en pensant "Je glorifierai ma propre religion". Mais, au contraire, en agissant ainsi, il nuit gravement à sa propre religion. La compréhension sera profonde si tout le monde veut bien tolérer les doctrines des autres religions".
 
Page 1 | Page 2 | Page 3